Les quatrains suivants s’en accommodent,
tous écrits en vingt-quatre mots.
Le sol est encore trop chaud
pour la brume qui s’est
réfugiée sur la colline. Elle paraît
impatiente de dégourdir ses jambes cotonneuses.
Rien de plus réconfortant qu’entendre
de loin, sans y prêter attention,
les dialogues d’un film regardé
dans la pièce d’à côté.
Par terre, les paquets de cheveux
devant la boutique de ce barbier
et les feuilles mortes du hêtre
sont d’une même couleur brune.
À l’angle d’une grange
où pousse un pied de lilas,
l’empreinte, moulée dans la pierre,
du pied gauche de saint Julien.
« Ça fait toujours énormément de bien
et ça débloque certaines situations compliquées »
dit, à propos de ses pierres,
une lithothérapeute à ses clients dubitatifs.
Le cosmos, le plan de chayotte
et les courges encore bien vertes
passent d’un coup en automne
maintenant que la serre est débâchée.
L’ordre et la géométrie rurales
des champs à perte de vue
n’ont vraiment rien de reposant.
Heureusement, il y a les vaches.
Ce toucher délicat : l’humidité propre
et la tiédeur pleine de buée
des couteaux, des assiettes, des verres
qu’on sort du lave-vaisselle.
Sous la neige, le pluviomètre a
des allures de cône glacé saupoudré
de flocons de noix de coco
sur un cornet au goût nature.
Sous une guirlande de petits drapeaux,
des voyageurs longent en se pressant
une terrasse vide où stationne seulement
un olivier dans son pot géant.
Le bruit des valises à roulettes
scande les discussions et les rires
des voyageurs qui attendent leur car
dans la lumière des distributeurs automatiques.
Ce matin, rien n’est écrit.
pour me glisser sous les yeux
cette page blanche d’arbres gommés.
Dans le tas de bois sec,
les bûches couvent sous l’humus
humide cette braise de combustion vivante
qui maintient la mort au chaud.






