Pour fuir la voix de ma conscience,
Je me tiens sur un pied au bord du précipice.
Mon cri de condamné se perd loin dans l’espace,
Comme un tombeau, comme un tombeau.
Je me tiens sur un pied au bord du précipice.
Mon cri de condamné se perd loin dans l’espace,
Comme un tombeau, comme un tombeau.
Je défends l’homme en contempteur de la vertu
Et cède, avec dégoût, à ses supplications.
Pour fuir la voix de ma conscience,
Je redescends avec la lenteur de l’oiseau,
Le corps accablé par l’étude et l’insomnie,
Comme un tombeau, comme un tombeau.
Toujours aux aguets le jour, aux aguets la nuit,
Je me nourris du sang sacré du Créateur
Pour fuir la voix de ma conscience.
J’entends la respiration des rumeurs nocturnes.
La peau de ma poitrine est calme et immobile
Comme un tombeau, comme un tombeau.
Je ronge un crâne en regardant le firmament
Car j’ai la mort pour mère et le remords pour fils,
Tombeaux, tombeaux de ma conscience.
