jeudi 20 août 2026

Sortie de "La Croix percée"

 

 

C'est aujourd'hui que sort mon premier roman, La Croix percée, aux éditions Tristram.

J'avais publié sur ce blog les premières pages (qu'on peut relire en cliquant sur ce lien.)

Un coup d’œil à la quatrième de couverture :

À la faveur d’un déménagement, le narrateur explore son nouvel environnement, une campagne villageoise, paisible et harmonieuse. Ses promenades l’amènent à découvrir un étrange et modeste monument, en forme de croix percée. Sa curiosité naturelle, son tempérament rêveur et son goût pour l’histoire locale l’incitent à élucider l’origine de cette croix, qui semble échapper à toutes les assignations traditionnelles, qu’elles soient de nature religieuse ou artistique. Chemin faisant, le narrateur s’aperçoit que la croix n’est pas aussi anonyme qu’il le croyait. Au fil du temps, une légende discrète mais tenace s’est élaborée, dont il est possible de repérer les traces. En exhumant des indices, en remontant ces pistes presque effacées, l’enquête finit par établir l’importance — aussi considérable que dérisoire — de la «  Croix percée  ».

Ce premier roman, par son refus du spectaculaire, de l’anecdote et des artifices du récit, apparente la démarche de Siméon Lerouge à celle d’un auteur comme W.G. Sebald, amateur lui aussi d’itinérances périurbaines, discrètement érudites et métaphysiques. Par son obsession des détails, du passé et de faits culturels enfouis, c’est une littérature d’archéologue ou d’entomologiste, élégante, profonde, loin des sentiers battus. 

Si le cœur vous en dit, vous pouvez le trouver en librairie ou bien le commander ici.

La Croix percée a été sélectionné pour le prix du premier roman de la SGDL et pour le prix littéraire Le Monde.

  

Photo : Philippe Matsas

 

dimanche 16 août 2026

La légende, haïku

 

 
arrache au passage
la légende ensoleillée
pour surgir splendide
 
 
 

dimanche 9 août 2026

De tête en tête

 

 
 
Un jour de neige à Coulans,
j’écoutais à la radio
une émission sur Roubaud,
mort un mois auparavant.

Je l’imaginais à Carcassonne
apprenant la mort de Jean Giono
dont il venait de lire Angelo
(le livre était près du téléphone).

Roubaud, d’un coup, se trouva dans Manosque.
Il aperçut Giono sortir d’un kiosque
en train de lire, en marchant dans les flaques,
la une évoquant la mort de Mauriac.

D’après la photo de l’auteur à Malagar,
Giono imaginait Mauriac chez lui, passant
sa bibliothèque en revue. Quand son regard
fut attiré par Le Horla de Maupassant,

Mauriac revit la maison d’Étretat
où l’écrivain terminait Bel Ami.
Maupassant, rongé par la maladie,
se souvint de Baudelaire. Il arrêta

sa page en cours. Il rêvait de la Réunion
où avait séjourné l’auteur des Fleurs du mal,
lequel avait emporté, serré dans sa malle,
un essai de Staël (De l’esprit des traductions),

qu’il lisait à bord en regardant les flots.
Il imaginait le salon de madame
de Staël qui, un soir, défendit corps et âme
Manon Lescaut, roman de l’abbé Prévost,

que, par hasard, elle avait lu en passant par Hesdin
où naquit le romancier. On trouva le fait charmant.
La nuit, elle avait rêvé de l’abbé : dans un jardin
magnifique, il lui récitait des vers, comme un amant.

C’est dans ce jardin qu’une ode
fut composée par Deshoulières
qui lut un jour sous la verrière
Le Discours de la méthode

du grand penseur né à Descartes
(bourg renommé en son honneur)
lequel, en consultant sa carte,
se mit à réciter par cœur :

« Heureux qui comme Ulysse » en indiquant l’Anjou
où vécut Joachim Du Bellay qui, plus tôt,
en se rendant à Rome avait sur les genoux
un petit volume en cuir de Clément Marot

qu’il savait mort en Italie.
Il se crut frappé de folie
quand il vit Marot puis Villon
(dont le premier fit l’édition

de ses vers) près de Turin :
l’un debout sur un talus
et l’autre, auprès d’un ravin.
De la tête, il fit salut.
 
 

dimanche 2 août 2026

Un galet, épigramme

 

 

Un galet s'est formé dans ma poche
remplie de papiers et de kleenex
qu'un lavage a transformés en roche.
Voilà, notre époque a son silex.

 


 

 

dimanche 26 juillet 2026

Anguilla anguilla

 



Ce poisson, moitié ver marin, moitié serpent, 
grandit dans nos cours d’eau mais provient des Antilles. 
Il franchit l’océan, délaissant sa famille 
pour remonter un fleuve où s’installer, trompant

la mort de mare en mare à l’air libre en rampant. 
Il paraît que, piégée dans un puits, une anguille 
(c’est bien son nom) âgée d’au moins cent ans frétille 
encore. Emprisonnée, sa vie reste en suspens.

Un jour, l’animal suit le courant à rebours 
de son premier trajet. C’est le temps des amours, 
l’appareil digestif devient reproducteur

et le poisson, toujours à jeun, n’a qu’un désir : 
celui de s’accoupler peut-être et puis mourir 
au fond des mers dans le lit noir des profondeurs.



dimanche 19 juillet 2026

Logogriphe n°7

 


On fait de moi du beurre ou de la crème
Mais, la queue coupée, je suis un poème.
 
 
 

dimanche 12 juillet 2026

Les freins, rotrouenge (II,16)



À mon inspiration malade, 
À mes chants impies, mes ballades, 
Il est temps de serrer les freins.

Aux bonds impétueux, aux bravades, 
Aux poignards, à mes dérobades, 
Il est temps de serrer les freins.

À mes envols, mes cavalcades, 
À ma vengeance, à mes toquades, 
Il est temps de serrer les freins.

Au crocodile, à ses ruades, 
Aux remords et aux débandades, 
Il est temps de serrer les freins. 

C’est fini, mon esprit s’évade. 
À ma meute hagarde, en croisade, 
Il est temps de serrer les freins.

 

(fin du deuxième chant)

 

Sortie de "La Croix percée"

    C'est aujourd'hui que sort mon premier roman,  La Croix percée , aux éditions Tristram. J'avais publié sur ce blog les premi...