dimanche 24 mai 2026

Logogriphe n°6

 

 
Sur mes cinq pieds on me cueille au verger,
A trois, on me lit sur tous les journaux,
Mais sur quatre on peine à me déchiffrer. 

dimanche 17 mai 2026

Le Noyé, muzain

 


La Seine entraîne un corps humain. 
La foule accourt puis se détourne 
du malheureux noyé qui tourne 
pareil à la roue d’un moulin.

Un cavalier s’arrête au bord 
du quai pour le sortir de l’eau. 
Va-t-il réanimer le mort ? 
Oui. Son sauveur, c’est Maldoror 
qui l’emmène au triple galop.

 

 

dimanche 10 mai 2026

Brume au verso du buvard




Dans un épais brouillard,
deux esprits se séparent.
 

 



Geyser au soleil couchant
dans l'eau se réfléchissant.
 

 


L'eau, le feu et l'air
n'ont pas touché terre.
 

 

Hibernation
du ciel bleu roi
et gestation
des courants froids.
 
 
 

dimanche 3 mai 2026

Sonnet sur écoute : le dolmen des Erves

 

 

 
À l’entrée d’une exploitation
agricole, on trouve un dolmen
tout en grès, vieux de six-mille ans,
entouré d’un enclos de chèvres.

[des engins charrient de la terre]
Six-mille ans… [meuglements des vaches]
Six-mille ans… [tic tic régulier
de la clôture électrifiée
]

Au début, le bruit vous empêche
d’imaginer la Préhistoire,
puis, le tracteur devient l’orage ;

les bovins, des aurochs des plaines ;
et le tic tic, la Grande Horloge
du Temps. [Un chevreau éternue.]
 
 

dimanche 26 avril 2026

Faune au verso du buvard


Au fond de la rivière,
un triton bleu se terre.
 
 
 

Chasse à l'étincelle
d'un banc de carpes
pris en écharpe
sous un coup de grêle.
 
 
 

Crustacé
emplumé
paradant
comme un paon.
 
 
 

Bleuets, bourrache et pavots
piétinés par les oiseaux.



dimanche 19 avril 2026

Nuit de trêve, triolet

 



Je suis vraiment moi-même en rêve ;
Le jour, je le suis à demi.
Quand revient la nuit, je m’élève.
Je suis vraiment moi-même en rêve,
C’est le réel qui fait la trêve.
Tout éveillé, bien qu’endormi,
Je suis vraiment moi-même en rêve.
Le jour, je le suis à demi.

 

dimanche 12 avril 2026

Logogriphe n°5

 

 
Sur mes trois pieds je suis rapide et plein d’entrain. 
Quand je perds la tête, on me prend pour un sapin.
 
 
[Le logogriphe est un poème énigmatique dont il faut trouver le mot par l'évocation de tous les autres mots que celui-ci comporte quand on lui retire une ou plusieurs lettres. Ce jeu littéraire était courant à la fin du dix-huitième siècle et au début du dix-neuvième. Il est ensuite tombé en désuétude, remplacé par la charade. Le logogriphe a son vocabulaire propre : les pieds sont les lettres du mot à trouver ; la tête signifie la première lettre de ce même mot et la queue, la dernière.]

 

Logogriphe n°6

    Sur mes cinq pieds on me cueille au verger, A trois, on me lit sur tous les journaux, Mais sur quatre on peine à me déchiffrer.