Ce poisson, moitié ver marin, moitié serpent,
grandit dans nos cours d’eau mais provient des Antilles.
Il franchit l’océan, délaissant sa famille
pour remonter un fleuve où s’installer, trompant
la mort de mare en mare à l’air libre en rampant.
Il paraît que, piégée dans un puits, une anguille
(c’est bien son nom) âgée d’au moins cent ans frétille
encore. Emprisonnée, sa vie reste en suspens.
Un jour, l’animal suit le courant à rebours
de son premier trajet. C’est le temps des amours,
l’appareil digestif devient reproducteur
et le poisson, toujours à jeun, n’a qu’un désir :
celui de s’accoupler peut-être et puis mourir
au fond des mers dans le lit noir des profondeurs.
grandit dans nos cours d’eau mais provient des Antilles.
Il franchit l’océan, délaissant sa famille
pour remonter un fleuve où s’installer, trompant
la mort de mare en mare à l’air libre en rampant.
Il paraît que, piégée dans un puits, une anguille
(c’est bien son nom) âgée d’au moins cent ans frétille
encore. Emprisonnée, sa vie reste en suspens.
Un jour, l’animal suit le courant à rebours
de son premier trajet. C’est le temps des amours,
l’appareil digestif devient reproducteur
et le poisson, toujours à jeun, n’a qu’un désir :
celui de s’accoupler peut-être et puis mourir
au fond des mers dans le lit noir des profondeurs.

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