mercredi 20 avril 2022

A Forest, pantoum (d'après la chanson de The Cure)




 Approche et regarde
Au milieu des bois
Ton amour s’égare.
S’il se perd, suis-le

Au milieu des bois
Dans l’ombre immergé.
S’il se perd, suis-le,
Tes yeux seuls te guident.

Dans l’ombre immergé,
L’entends-tu chanter ?
Tes yeux seuls te guident.
Quelqu’un t’a hélé,

L’entends-tu chanter
De sa voix profonde ?
Quelqu’un t’a hélé
Dans l’obscurité.

De sa voix profonde
Tu crois t’approcher
Dans l’obscurité
Cerné par les arbres.

Tu crois t’approcher
Saisi par les ronces,
Cerné par les arbres.
Serait-ce un mirage ?

Saisi par les ronces,
Perdu en forêt,
Serait-ce un mirage ?
Seul, esseulé, seul

Perdu en forêt.
Tes pas dans les siens,
Seul, esseulé, seul,
Leurré par tes sens.

Tes pas dans les siens
Au matin s’effacent.
Leurré par tes sens
Encore et encore.

dimanche 3 avril 2022

Autoscopie, vingt-sixaine




Amas s’abandonnant à la naissance :
Bébé babille et bave bribes bues.
Corps calme et concentré. Cette croissance
Dédaigne son destin dès le début.
Être à l’école l’épuise et l’étonne.
Furtif, il fait fructifier ses fêlures,
Goûte à la gamberge, grognon, griffonne,
Hagard, hanté, cherchant ses déchirures.
Il s’immobilise : l’immensité
Juvénile joue le jeu. Rejeté.

KO. Flash-back au kaléidoscope :
L’intellectuel du laisser-aller
Médite sur la mort au microscope.
Non. Ni naître à nouveau ni s’en aller.
Oser l’osmose, un monologue coi.
Par la poésie s’appartenir pour
Que l’équivoque requinque qui ? Quoi ?
Rien. Errer encore. Arriérer l’amour
Sur la scène, s’abaisser, s’assagir.
Tout à la littérature, et tenir.

Ubuesque hurluberlu
Vivant à vive voix
Week-end après week-end.
XXVI : deux dix + six
Y a-t-il psychanalyse ?
Zéro. Puzzle en guise.

jeudi 24 mars 2022

La Mer, alexandrins




Source aux nuages
Nourrie d’intempéries
Fluviales

La mer
Cartographiée
N’a plus
Où se cacher

Elle étale
Immobile
Son emprise
Sur la côte

Doigts d’océan
Aux courants marins
D’eau
Moins froide

Sel
Monté en neige
Pointe émouvante
De la côte

Bouillon primitif
À feu doux
D’organismes
Simples

Sous-couche
D’animalcules
Au fond des mers
Bleu-noir

Flux d’or
Planctons verts
Translucides
À la surface

Milliards de litres
Volumes
D’eau en mouvement
Sphérique

Paillettes
Médusées
Particules
En suspension

Poissons d’argent
Traqués
Coraux blanchis
Cassants

Poubelle en
Liquéfaction
D’eau salée
Sans vie

Plastique
En dérive
Mastiqué
Par les tempêtes

Miroir sans tain
Mer d’huile
Au ciel déteint
Vinaigre

Vers les estrans
Vague attirée
Lune
Après lune

Vaste étendue d’eau
Tendue
Flaque enflammée
Nette

Navigation
Lumineuse
Du blanc
Dans l’air bleu

Pluie tassée
En trombes
Épousant
L’or de la dune

Senteurs et fracas
Iodés
D’un coup de vent
Vague

Reflets froissés
Du zénith
À l’horizon
Mat

La mer
Évaporée
En a plein l’eau
Du ciel

Sans se noyer
L’homme à la mer
Est prédateur

dimanche 13 mars 2022

Ceremony, sonnet (d'après la chanson de New Order)

 
Pour Ian Curtis

Depuis toujours mon destin me désole.
Tiré au sort, je cherche une autre issue
Au gré des tours et détours. Je m'isole,
Mais la roue tourne encore à mon insu.

Lassé de sa rengaine au vieux refrain,
Face au coup fatal je veux tenir bon.
Aucun dé pipé jeté à l'instinct
Ne m'atteint. Nulle impasse. Ô d'un rebond

Toucher le fond, dévier ma trajectoire !
À moi les dieux ! À l'aide, aléatoire !
Du compte à rebours, amputez mes jours.

Dans l'avenue au cordeau plantée d'arbres,
Il faut que le sort s'efface et, de marbre,
Perde au bras de fer en gant de velours.


vendredi 25 février 2022

Should I stay or should I go, sextine (d'après la chanson de The Clash)




Chérie j’ai besoin de savoir
Si je dois rester ou partir.
Pour toi le seul amour qui vaille
Se termine à la fin des temps.
Donc à présent tu dois me dire :
Faut-il rester ou m’en aller ?

Je n’en peux plus allez ! Allez !
A genoux tu voudrais me voir
Et tous les jours me contredire.
Je peux quand tu veux repartir.
Dis-moi s’il faut, il est grand temps,
Que je reste ou bien que j’y aille.

Que font nos vies dans la grisaille ?
Partir, rester, où vais-je aller ?
Il vaudrait mieux partir à temps :
Les ennuis, je crois, vont pleuvoir.
Oh ! Dis-moi, dis-moi de partir.
Ça me rend fou de le redire.

Partons avant de nous maudire,
Perdons la guerre et la bataille.
Reprendre à zéro, repartir.
Tranche et dis-moi de m’en aller
Avec sang froid, sans t’émouvoir.
Séparons-nous. Dis, quel printemps

Se termine à la fin des temps ?
Donc à présent tu dois me dire :
Chérie j’ai besoin de savoir
Pour toi le seul amour qui vaille
Doit-il rester ou s’en aller ?
Faut-il rester, faut-il partir ?

Je peux quand tu veux repartir.
Dis-moi s’il faut, il est grand temps,
Je n’en peux plus allez ! Allez !
Il ne faut plus nous contredire
Et quoi que je fasse, où que j’aille,
C’est à genoux qu’on veut se voir.

mardi 8 février 2022

Le Cimetière, épitaphes

 


Les cimetières sont le passé des villes
L’urbanisme funéraire
En divisions
Allées, carrés, rues et boulevards
Quartiers calmes
En réduction

Les arbres seuls
Nus tordus mêlés
Vivants muséifiés
S’élèvent

Le vent
Dans l’if et le lilas
Siffle le glas

Caveau le sol est creusé
C’est la terre émergée
Caveau la terre est sacrée
C’est l’homme inhumé

Tombes aussi vous tremblez
Déclic humide
La vie du sol remue vos socles
Les morts ont transpercé vos coques
Vous sombrez

Ciment restant de marbre
Avec l’éternité les rocs ont des trous
Gravés dans la mémoire

Le gazon mord la dalle
Granitique et tout éplorée
Du caveau familial
Sous la rosée

Les morts aux noms dorés à l’or fin
Ont à la ville leur bout de terrain
A taille humaine sous les tombes

jeudi 20 janvier 2022

Le Parking, morale élémentaire


Pour Anne-Aël

Barrière automatique    Marche avant    Portières fermées
Stationnement gratuit

Panneau publicitaire    Coffre plein    Passage piéton
Parking payant

Lignes blanches    Arbres nains    Sens unique
Décor changeant
   
Roulez au pas
A ciel ouvert
Ou sous la terre
En ordre
De bataille
Arrière
En épi

Feux éteints    Graviers menus    Ralentisseur progressif
Arrêt minute

Anguilla anguilla

  Ce poisson, moitié ver marin, moitié serpent,  grandit dans nos cours d’eau mais provient des Antilles.  Il franchit l’océan, délaissant ...