dimanche 3 avril 2022
Autoscopie, vingt-sixaine
jeudi 24 mars 2022
La Mer, alexandrins
dimanche 13 mars 2022
Ceremony, sonnet (d'après la chanson de New Order)
vendredi 25 février 2022
Should I stay or should I go, sextine (d'après la chanson de The Clash)
mardi 8 février 2022
Le Cimetière, épitaphes
jeudi 20 janvier 2022
Le Parking, morale élémentaire
samedi 8 janvier 2022
Le Terrain vague, bout-rimé
Un terrain vague est né d’un immeuble abattu. L’indéfini s’y plaît, prend ses marques. Des tuiles, de la brique et même du ciment sans conviction s’entassent – un semblant de bâtiment. Gravier, pierre et poussière au trente-sixième dessous. C’est de plain-pied que la terre est battue.
Lambeaux publicitaires aux phylactères, aux tags, dans le silence où le terrain divague. Gratin bitumé de flaques et de tôles. Dans un coin dehors l’évier suspendu le cou tordu – la cheminée sans foyer dont l’étage a disparu. Dépotoir d’époques sur le chemin pelé d’un cul-de-sac. Le passé se laisse aller au goutte à goutte d’un robinet marquant son territoire.
Rien n’est tondu mais les arbres sont nains. Des buissons donnent du fruit dont nul n’a besoin. Jardin sans jardinier passé au labour d’un camion de passage avant son demi-tour.
Terrain vague à la ville mort né, ruine éphémère d’éternité ratée, dans ta barbe des cailloux, des herbes, de la terre ébouriffée.
Pays vierge infoulé, propre aux machines et sale aux hommes, une ceinture d’immeubles te contemple dans l’eau vacante de ton remblai, dans la semaille d’un carreau cassé.
Aussi, des pneus lancés pile ou face enjolivent ta flore immonde et bouffie d’aise. De la rosée du matin friande et rouillée au soir. C’est ainsi qu’un terrain se comble.
Monologue apocryphe
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