Quoi qu’on fasse, une journée
ne compte que vingt-quatre heures.
Les quatrains suivants s’en accommodent,
tous écrits en vingt-quatre mots.
ne compte que vingt-quatre heures.
Les quatrains suivants s’en accommodent,
tous écrits en vingt-quatre mots.
Fenêtre de la cuisine, le 02/02/25 à 11h20
Sur la branche d’un bouleau
balancée par le vent, au soleil,
une goutte d’eau clignote suspendue.
Un message en morse à déchiffrer.
Chemin de Courteille (Coulans), le 06/02/25 à 14h37
Il fait froid, vert, gris, venteux.
Le chemin disperse ses cailloux blancs
sur son long tapis d’épines
où l’herbe pousse sans conviction.
La Matière (Chaufour), le 07/02/25 à 13h13
Comme les verres de mes lunettes
sont couverts de gouttes d’eau,
je distingue l’averse à travers
une pluie en arrêt sur image.
Rue du tramway (Coulans), le 08/02/25 à 12h26
Le champ ressemble à une vague
qui emporterait la cime des arbres
enracinés derrière l’horizon. Là-haut,
une maison surnage sur la crête.
La Matière (Chaufour), le 11/02/25 à 13h10
Dans la brume épaisse, le soleil
dessine un halo. À l’intérieur,
la lucarne d’une ferme brille
comme une étoile à l’aube.
La Moncesière (Coulans), le 13/02/25 à 9h34
« Elle boîte drôlement, elle ! » me dit
É. en parlant d’une brebis.
« C’est un coup des chiens
errants. Regarde, de la laine arrachée ! »
Rue Prosper Salaün (Bohars), le 15/02/25 à 14h52
Sur le fronton de l’église,
le porche est couvert de lichen
d’un jaune fleur de colza.
Les pierres aussi ont leur pollen.
d’un jaune fleur de colza.
Les pierres aussi ont leur pollen.
11 rue du Kreisker (Bohars), le 16/02/25 à 13h32
Je bois des yeux le feu
rougeoyant dans le poêle aux vitres
fumées par la suie. Je goûte
la couleur chaleureuse de mon vin.
Centre Jaurès (Brest), le 17/02/25 à 11h27
Dans le centre commercial encore désert,
un homme assemble un serpent géant
et un pont tout en Kapla,
épié par les mannequins des vitrines.
La Pam (Brest), le 19/02/25 à 12h37
Peut-être deux sœurs, leur mère
et leur trois enfants. Elles déjeunent
en face de moi. Le plaisir
de tout écouter sans rien dire.
La Moncesière (Coulans), le 21/02/25 à 17h47
« J’ai vu des abeilles charpentières.
On les voit faire leur nid
dans les murs, » me dit C.
« C’est que le printemps arrive. »
Fenêtre de la cuisine, le 22/02/25 à 13h45
Un nuage au-dessus du champ
crève et déverse toute sa pluie.
Un arc-en-ciel l’entoure
comme l’anse d’un panier.
Un arc-en-ciel l’entoure
comme l’anse d’un panier.
Au jardin, le 24/02/25 à 13h49
Moitié fleur, par leur couleur vive,
moitié fruit, par leur forme ronde,
les boutons de feuilles se forment.
Le tout tient de la graine.
Rue de Bône (Le Mans), le 26/02/25 à 13h58
Sur le pignon d’une maison
menacée par un projet de démolition,
on peut lire ce message tagué
en grosses lettres : « Cueille ta vie. »
La Pêcherie (Coulans), le 28/02/25 à 12h34
Près du fossé, un lapin dort.
Non. Ses paupières fermées sont rouges.
La myxomatose l’a rendu aveugle.
Pauvre lapin, nouveau dormeur du val.

Dans à peu près
RépondreSupprimerdeux ou trois ans
j'en aurai qua-
-tre vingts je crois :
Je dors beaucoup.
Si j'arrondis
j'aurai dormi
presque trente ans
vécu cinquante
rêvé trente ans
rêvé beaucoup.
Comme disait mon ami Jean-Pierre Tétart, la bonne littérature, c'est celle qui donne envie d'écrire.
A part ça, je pense (du haut de mon grand âge, ha ha) qu'il ne faut pas être mal à l'aise avec le fait de diffuser, c'est-à-dire de vendre, en pratique, un livre. Surtout dans le cas du Florilège des éditions La plume de Léonie : on le fait aussi pour les autres auteurs.
Donner envie d'écrire des tétrasyllabes, ce n'est pas si mal.
RépondreSupprimerM'enseigneras-tu le mètre iambique, ô Mars ?
RépondreSupprimerô Siméon, le mètre iambique m'est étranger mais je peux te donner les bases de l'hexamètre dactylique. Je vais te préparer un mail
Supprimerpardon, c'est non anonyme qui écrit, c'est mars mais tu m'auras reconnue
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