Je connais le Tout-Puissant.
Sa Majesté sidérale
a conçu ce monde affreux.
Je connais le Tout-Puissant,
le Tout-Puissant me connaît :
ma main manie, froide et ferme,
une ironie serpentine.
Je connais le Tout-Puissant,
gardien jaloux du mystère
qu’il tient secret loin des hommes.
Je connais le Tout-Puissant,
le Tout-Puissant me connaît :
ma langue au dard de platine
et mon œil toujours ouvert.
Je connais le Tout-Puissant,
toupie qu’on tourne à coups secs
de fouet aux cordons d’acier.
Je connais le Tout-Puissant,
le Tout-Puissant me connaît,
moi et mon stylet mignon
amateur de carotide.